À l’atelier, nous voyons souvent arriver ces trésors au moment des fêtes, quand les familles se retrouvent et ouvrent les tiroirs. Voici nos conseils pour les conserver dans de bonnes conditions, et pour prendre le temps de décider quoi en faire.

L’essentiel à retenir

  • Ne triez pas dans l’urgence : commencez par tout mettre à l’abri, au sec et à l’obscurité.
  • Certaines pierres pâlissent au soleil, d’autres craignent l’eau : chaque famille de pierres a ses fragilités.
  • Rangez chaque bijou à part pour éviter les rayures entre pierres et métaux.
  • Pour les pièces : pas de nettoyage, pas de pochettes en plastique souple, et on les tient par la tranche.
  • Faites un inventaire avec photos, puis faites estimer avant de vendre, de partager ou de transformer.

   

  

Prendre le temps avant de trier

La première tentation est de tout ouvrir, tout comparer, tout nettoyer. Mieux vaut résister. Un bijou terni ou une pièce noircie ne sont pas en danger ; un mauvais geste, lui, peut abîmer définitivement un objet.

   

Commencez simplement par regrouper les objets dans une boîte propre, au sec, à l’abri de la lumière. Vous trierez plus tard, à tête reposée, et à plusieurs si l’héritage concerne toute la famille.

  

La lumière et l’eau, ennemies discrètes des pierres

On pense les pierres éternelles. Beaucoup sont solides, mais certaines restent sensibles. L’améthyste et le quartz rose peuvent pâlir s’ils restent longtemps exposés au soleil, tout comme la kunzite. Un bijou oublié sur un rebord de fenêtre perd peu à peu sa couleur.

   

D’autres pierres craignent l’eau et les produits : la turquoise et la malachite sont poreuses, la sélénite se dégrade à l’humidité. Les perles, elles, sont organiques : elles n’aiment ni le parfum, ni la sécheresse extrême d’une boîte hermétique, et ont besoin d’être portées de temps en temps.

   

Pour les connaître une à une, notre guide des pierres rappelle les particularités de chacune. Dans la tradition de la lithothérapie, certains aiment aussi « recharger » leurs pierres ; si vous le faites, choisissez une méthode douce, adaptée à la pierre, et jamais l’eau pour les pierres qui la craignent.

  

Ranger les bijoux sans qu’ils s’abîment

Le coffret où tout s’entasse est l’ennemi des bijoux. Les pierres dures rayent les pierres plus tendres, les chaînes s’emmêlent, les métaux se marquent. L’idéal est de ranger chaque pièce séparément : une petite pochette en tissu, un compartiment, ou même une enveloppe de papier non acide.

   

Fermez les fermoirs des chaînes pour éviter les nœuds. Couchez les colliers à plat plutôt que de les suspendre longtemps, surtout s’ils sont enfilés sur un fil qui pourrait se détendre. Et gardez à part les bijoux fantaisie : leur métal peut s’oxyder et tacher ceux qui les touchent.

  

Les pièces de monnaie : trois règles simples

Première règle : on ne nettoie pas. La patine fait partie de la pièce, et la retirer lui fait perdre une bonne partie de son intérêt, sans retour possible.

   

Deuxième règle : on se méfie des anciennes pochettes en plastique souple. Beaucoup contiennent du PVC, qui finit par laisser un film verdâtre et collant sur les pièces. Préférez des capsules rigides ou des pochettes sans PVC, et rangez le tout dans un endroit sec. L’humidité favorise la corrosion, en particulier sur le cuivre et le bronze.

   

Troisième règle : on tient les pièces par la tranche, jamais par les faces. Les doigts laissent des traces grasses qui finissent par marquer le métal.

  

Faire l’inventaire, avec ses histoires

Une fois les objets à l’abri, prenez le temps de les inventorier. Photographiez chaque bijou et chaque pièce, recto et verso, et notez ce que vous savez : qui le portait, à quelle occasion il a été offert, d’où il vient. Ces souvenirs se perdent très vite d’une génération à l’autre.

   

Ce carnet sera précieux le jour où il faudra partager ou décider. Il permet aussi de retrouver un objet en cas de perte ou de vol, et de transmettre l’histoire en même temps que le bijou.

  

Faire estimer avant de décider

Garder, porter, transformer, partager ou vendre : avant de choisir, il est sage de savoir ce que l’on a. Une pièce d’or courante vaut surtout son métal ; une date rare ou un bel état peuvent changer beaucoup de choses. Même chose pour un bijou ancien, dont la pierre ou le poinçon racontent parfois plus qu’on ne croit.

   

Pour les monnaies, vous pouvez faire estimer des pièces de monnaie anciennes gratuitement et sans obligation de vendre. Le numismate regarde le métal et le poids, l’année et l’atelier, l’état de conservation et l’authenticité. Une estimation écrite, à titre indicatif, peut aussi faciliter un partage entre héritiers.

   

Si vous envisagez de vendre, sachez que le prix de rachat d’une pièce d’or est établi en fonction du cours du jour, moins frais et marge. Comparer et poser des questions fait partie de la démarche.

  

Le temps de décider

Un héritage se conserve avant de se partager. Mettre les objets à l’abri, les ranger un par un, noter leur histoire et les faire estimer : ces gestes simples laissent le temps de décider sereinement, sans rien abîmer de ce qui a été transmis.

   

Et si une pierre de famille ou une pièce héritée vous donne envie d’un nouveau bijou en pierres naturelles, venez nous en parler à l’atelier d’Antibes. Nous aimons donner une seconde vie à ces trésors.